Partager l'article ! Epoque 1 Livre 1 Chapitre 3/2: Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et là pour voir les suivants. 49 Les femme ...
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49
Les femmes supportèrent mieux l'éloignement de leurs conjoints. Avec l’aide des esprits et de conciliants ancêtres, elles fondèrent leur ville sur une plaine fertile. Habiles au maniement du glaive et de l'arc elles devinrent d’impitoyables chasseresses. Redoutables amazones, elles convainquirent les zèbres, les antilopes et les girafes de les porter, afin de pourchasser les lions.
Derrière le cercle magique qui protégeait leur village, les hommes les observaient. Jamais leurs femmes ne leur étaient apparues aussi belles. Les coquettes guerrières s’étaient confectionnées de très affriolantes tenues avec la crinière des lions et la peau des léopards. Elles s’étaient parées de plumes d’autruche et avaient souligné le dessin de leurs lèvres et la pointe de leurs seins d’une ocre délicate. Les mâles libidineux et frustrés en bavaient d’envie. Lorsque les hommes virent le luxueux palais de la reine Ohéné et les non moins somptueuses demeures de leurs anciennes épouses, lorsqu’ils les entendirent rire dans les bassins parfumés qu’elles s’étaient aménagés, leur désir se changea en haine. Ils voulurent se venger des femmes, les punir de se montrer si heureuses loin d’eux.
50
Un jour, le roi Asan, plein de ressentiment, partit dans les sombres souterrains qui s'étendaient sous sa cité. Il descendit toujours plus bas dans les labyrinthes troglodytiques, franchit d’étroites galeries et des passages obscurs, pour se rapprocher du cœur palpitant de la terre où s’étendait la demeure des prêtres noirs.
Les prêtres noirs étaient les gardiens d’Onile, la Terre-mère, l’Ile originelle du Territoire. Leur royaume d’outre-monde, peuplé de monstres, d’esprits inachevés et de forces chaotiques, débordait le sous-sol et englobait la lune ainsi que les plus obscurs corps célestes. L’Ile s’opposait à l’Orun, le ciel lumineux, garant de l’orbe diurne du soleil. L’Orun était peuplé d’esprits lumineux qui pour compenser la perte de la lune, avaient conquis quelques pierres de clarté au sein des profondeurs. Fruit androgyne de la conjonction entre le ciel et la terre, entre l’ordre et le chaos, entre les principes masculin et féminin, Obatala avait ordonné par son verbe le monde des végétaux, des hommes et des animaux. Grâce à lui, les forces d’Onile s’incarnaient en être vivants, générations après générations, au rythme régulier des tambours de l’Orun.
Les prêtres noirs n’étaient cependant pas ses enfants. Quoique leur apparence les désignât comme humain, leur esprit les apparentait à une autre race. Ils étaient les rejetons de Yemoya, la plus ténébreuse déesse de l’Ile, la redoutable gardienne de l’incréé. Connaissaient les mots de pouvoirs, ils pouvaient enchaîner les êtres et les choses à de terrifiante malédictions. A cause de cette inquiétante faculté, les hommes venaient régulièrement les consulter, comme le roi Asan au 51ième paragraphe.
51
Quand le roi pénétra leur sombre domaine, les sorciers s’écrièrent :
- A l’instar tes ancêtres, tu viens nous visiter, Asan, roi des hommes, et comme eux, tu viens sans doute nous demander d’élaborer envoûtements et maléfices. Qui donc a provoqué ta colère pour que tu suives le même chemin que tes aïeux ?
- Vous les sorciers, vous ne parlez que des choses qui fâchent, répondit Asan, quelque peu irrité par l’accueil des prêtres noirs. Laissez mes mânes en paix et écoutez moi plutôt ! Les femmes nous ont quittés ! Les infâmes traînées, que le malheur les frappe ! Elles n'avaient pas le droit de nous faire cela. Elles doivent être punies ! Qu'elles soient maudites ! Je veux les voir frappées d'un maléfice. Je veux que vous usiez de votre magie pour nous venger. Faites leur subir quelques horribles tourments. Je veux qu'elles souffrent, qu'elles soient humiliées et qu'elles se repentent à jamais de nous avoir abandonnés.
- Nous pouvons faire cela Ô roi ! répondirent les sorciers. Ce n’est pas très difficile, et nous prendront ainsi un peu d’exercice, car nos maléfices se gâtent à n’être points utilisés. Mais ne peux-tu être plus précis ? De quel type de malédiction devons nous les accabler ?
- Quelle malédiction ? Je ne sais pas moi ? Heu... Une sorte de peste... Que leur corps se couvre de pustules... Quoique non, pas des pustules, si elles reviennent, elles pourraient nous contaminer... Alors que leur peau se dessèche et tombe en morceau... Aïe, mais non, ça ne va pas non plus, qu'est ce que je raconte, elles deviendraient imbaisables après un coup pareil... Ha j'enrage ! ... Je voudrais les voir noyées dans des lacs de sang...
- Du sang, reprirent les sorciers ? L'idée est à creuser Ô roi... Reviens nous visiter dans 7 jours, nous t'aurons alors vengé !Le Blog des Territoires du Merveilleux, c’est tous les jours ou presque la publication de quelques-uns des 2000 paragraphes qui décrivent l’Entre-Deux-Rêves, ce pays de nulle part où fut rassemblé tout ce que l'esprit humain put concevoir de légendaire, d'onirique et de merveilleux.
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