Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 17:00

A propos, il y a une nouvelle page d’ouverte sur les TDM qui s’appelle L’eau à la bouche ! Vous pouvez aller y faire un tour pour avoir une idée des prochains paragraphes…


Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et  pour voir les suivants.

 

55

Cependant, les premières victoires féminines passées, les hommes se ressaisirent et réussirent à repousser les guerrières loin de leur cité. Aucun des deux camps n’était pourtant vainqueur et la guerre se poursuivit pendant de longues années. Elle s'étala sur une durée égale au quart de la vie d'un homme. Les combattants vieillirent et les cheveux du roi et de la reine blanchirent, si bien que peu à peu, les femmes abandonnèrent leurs pratiques castratrices, car elles commençaient à regretter le temps où elles vivaient en paix avec les hommes, et surtout, elles n'avaient plus personne pour les féconder et pour leur donner une descendance guerrière.

Pour assurer la survie de l’espèce, elles décidèrent donc de ne castrer les mâles qu'après avoir tiré d'eux ce que vous imaginez.

De leur coté les hommes savaient bien s'occuper avec leurs prisonnières, mais comme ils n'en avaient pas beaucoup, elles ne duraient pas très longtemps. Si bien que l'on décida de les ménager un peu pour qu'elles pussent aussi souvent que cela était possible, accoucher de beaux bébés mâles. Mais les amazones ne gardaient que les enfants femelles et abandonnaient les petits garçons aux hyènes, tout comme les sujets d’Asan immolaient impitoyablement les petites filles. Ainsi la réunion des deux sexes ne pouvait s’opérer et la paix semblait ne jamais devoir être retrouvée.

 

56

La guerre dura encore 100 années. Le roi et la reine étaient toujours en vie, car ils étaient d'un temps où une existence plus longue était accordée aux humains et à leurs grands chefs. Pendant ce siècle, les victoires féminines se firent toujours plus nombreuses, si bien qu'un jour, l'armée de la reine Ohéné vint encercler la cité du roi Asan. Comme la ville était trop puissante pour être enlevée par la force, les femmes décidèrent d'en faire le siège.

Le mâle souverain savait que ses remparts qui avaient momentanément contenus les assauts des amazones ne résisteraient pas longtemps à leur rage guerrière. Désespéré, il caressa le tronc du baobab qui se dressait au centre de sa ville.

- Ô mon vieil arbre, lui dit-il, mon père t’a planté le jour de ma naissance ! Comme tu as poussé depuis ! Tu es devenu si fort que tu pourrais porter sur tes branches la foule entière de mes aïeux. Hélas, les femmes n’auront pas plus de respect pour ton tronc vénérable que pour mes vieux os. Elles t’amputeront de tes branches avant de porter le feu à ta chère écorce. Vieux frère, tout semble perdu ! Ne trembles-tu pas comme moi ?

Asan recueillit le soupir plaintif de l’arbre et s’en fut dans son palais retrouver le conseil des anciens.

 

57

Aux influents vieillards, il tint ce discours pathétique :

- Sages anciens, guerriers autrefois redoutés, notre royaume ne sera bientôt plus qu’un souvenir ! Les femmes sont à nos portes et nous ne pouvons espérer aucune aide. Ma garce de reine semble devoir l'emporter ! Je n'ose imaginer ce qu'elles nous feront subir quand elles pénétreront la cité, ce qui ne devrait guère tarder, car la faim nous aura bientôt tellement affaiblis que nous ne pourrons plus repousser leurs assauts. Que faire pour éviter ce triste sort ? Devons nous nous rendre ? Mais les femmes accepteront-elles de nous faire grâce ? Même si elles y consentent, elles feront de nous des esclaves et nous obligerons à préparer leur repas, à nettoyer leurs cases et à s'occuper de leurs chiards... Voilà le destin qui semble nous être tracé.

L'un des anciens se leva alors et dit au roi :

- Ne capitulons pas encore, et réclamons plutôt l'aide des sorciers noirs. Car ce sont eux qui nous ont entraînés dans le malheur en jetant sur les femmes un maléfice plus cruel que notre cœur ne le souhaitait. C'est donc à eux de nous sauver en nous donnant les moyens de vaincre ces furies !

Le vieillard se tût alors et chacun s'accorda à dire qu'il avait bien parlé. Le roi n'avait pas très envie de rendre à nouveau visite aux sorciers, mais pressé par ses conseillers, il finit par s'y résoudre.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 3
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Mode d'emploi

Le Blog des Territoires du Merveilleux,  c’est tous les jours ou presque la publication de quelques-uns des 2000 paragraphes qui décrivent l’Entre-Deux-Rêves, ce pays de nulle part où fut rassemblé tout ce que l'esprit humain put concevoir de légendaire, d'onirique et de merveilleux.

Suis au jour le jour la publication des 2 000 paragraphes, découvre les nouvelles illustrations, commente, propose, injurie l’auteur ou félicite-le et contribue à la naissance d’un nouveau livre !

Mais à propos, c'est quoi les Territoires du Merveilleux (lire la suite ici) ?

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés