Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 19:08

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

Chapitre 10 : Le tigre en fuite

 

222

Le ton des derniers paragraphes n’était guère optimiste, n’est-ce pas ? Vous voulez certainement savoir si l'histoire de Char connaît une conclusion aussi tragique ? Et bien soit, je vais vous la conter...

Notre pauvre tigre venait d’apprendre la mort de sa bien aimée. Il restait captif de son corps sans vie et des ténèbres qui s’y distillaient. Songeant à sauver son enfant, il courut dans l’obscurité pour rejoindre la sphère immense qui enveloppait son fils dans le désert de sable bordant le palais d’écarlate. L’ayant rejoint, il poussa l’énorme placenta qui semblait une lune palpitante, échouée dans un monde éteint. Il y employa toutes ses forces, poussa et poussa encore, s’arc-boutant et bandant si fort ses muscles, qu’il n’était pas loin de se rompre l’échine. Alors la boule gigantesque, plus pesante que mille chariots d’acier avança enfin. Elle roula lentement jusqu’aux portes de l’intimité. Le fœtus fut cependant bloqué par les montagnes qui enserraient cette voie. Mais aidé par son père qui le poussait toujours, il se réveilla, déchira son enveloppe et parvint à dépasser les monts, d’abord de la tête, puis du corps tout entier. Enfin il réussit à naître et s’échappa du corps mourant de sa mère.

 

223

Char voulut quitter au plus tôt le corps de Li Li pour protéger son bébé. Il rejoignit le palais d'écarlate, s'élança de toutes ses forces dans les voies respiratoires et ressortit par la bouche de sa compagne défunte.

Dès qu'il eut franchit les lèvres de Li Li, Char retrouva sa taille habituelle et observa un désolant spectacle. Les lanciers impériaux, qui avaient enflammé le grand chapiteau magique, saccageaient le campement des saltimbanques. Ils se livraient à d’épouvantables massacres, violaient les tigresses après avoir éventré leurs compagnons, abattaient sans pitié les vieillards avec des épées rouges du sang de leurs enfants. Dans cet affreux tumulte, Char vit son fils crier auprès de sa mère morte et eut tout juste le temps de le sauver d'un guerrier céleste qui voulait l'embrocher. Massacrant l’infâme lancier à coup de sabre, il prit son tigron dans ses bras et erra dans la nuit pleine de feux et de hurlements.

 

224

Triomphant de l’horreur qui l’avait un instant pétrifié, Char partit au combat pour défendre les siens. Il confia son fils à une jeune tigresse qu'il venait de sauver de deux brutes, puis rassembla les tigres, les singes, les porcs, les hommes et les serpents encore valides pour les emmener derrière son sabre. Il combattit les lanciers célestes avec une telle rage que ceux ci durent bientôt reculer. Il bondissait entre les épées et les lances, évitait la pointe des flèches et décimait les serviteurs de Shangdi. Encouragé par ses prouesses, les saltimbanques se battirent bientôt avec la même fureur. Les acrobates bondirent sur les lanciers, les jongleurs devinrent assassins et les clowns massacrèrent à coup d'épée leurs célestes ennemis.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 15:17

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

225

La bataille déchaîna sa fureur durant toute la nuit et au lever du jour, les saltimbanques l'emportèrent sur les chevaliers impériaux. Char tua lui-même leur chef, un guerrier gigantesque monté sur un nuage magique, qui maniait une lance de 100 pieds de long.

Au matin, les survivants contemplèrent leur chapiteau détruit. Ils soignèrent leurs blessés et enterrèrent leurs morts. Char rechercha la tigresse à qui il avait confié son enfant, mais ne la trouva point. La folie manqua de peu s'emparer de lui. Il fouilla tout le campement, retourna les cadavres, explora la jungle alentour, mais ne découvrit rien de plus. Le roi tigre s'effondra alors sur le sol, terrassé par le chagrin et le désespoir.

 

226

Longtemps Char demeura prisonnier d’une invincible torpeur. Son lot trop important de peine avait érigé d’infranchissables murailles autour de son esprit. Ses compagnons ne savaient comment le tirer de son hébétude, afin qu’il les guidât à nouveau. Un tigron orphelin agrippa soudain sa fourrure, puis ce fut une tigresse qui se jeta à ses pieds. Mille yeux l’implorèrent. La foule resserra pudiquement son cercle autour de lui. Elle le toucha enfin et l’emporta en silence. Char fut soulevé par cette vague mouillée de pleurs et de chagrin. Enfin son esprit se réveilla et renversa les barrières qui l’isolaient du monde. Il leva les yeux au ciel et aperçut avec effroi des dizaines de nuages impériaux qui avançaient dans le ciel. Les guerriers célestes venaient achever le travail débuté par leurs sinistres prédécesseurs. En un instant le courage de Char se raffermit et il redevint l’indomptable chef de guerre qu’il avait été. Désignant les nuages hérissés de pointes et d’éclairs il ordonna à ses sujets de quitter au plus vite la clairière encombrée de ruine et de cadavres. Sous son commandement, la tribu s’enfonça dans la jungle et se terra au plus profonds des labyrinthes végétaux, pour échapper à ses féroces ennemis.

 

227

Pour le peuple tigre une dure épreuve commençait. A présent que les serviteurs de Shangdi les avaient reconnus sous leurs masques de saltimbanques, Char comprit que ses sujets ne trouveraient plus jamais la paix sur aucune terre du Levant. Aussi eut-il l'idée de les conduire vers un autre Territoire. Mais rare étaient ceux qui connaissaient les passages vers les autres mondes, et Char n'était pas de ceux là. Il pensa cependant qu'en cheminant à travers les enfers, il pourrait peut-être guider son peuple jusqu'à une terre non soumise à l'empereur.

Depuis son sixième exploit, Char savait qu’au fond de la gueule des volcans, des portes s’ouvraient sur le royaume d'en bas. Aussi emmena-t-il sa tribu jusqu'à un vaste cratère encore fumant, et s’engouffra dans ce puits béant  pour débuter son voyage souterrain. Après avoir cheminé longtemps dans le labyrinthe des galeries et des grottes, il arriva enfin devant une immense porte infernale. Elle était constituée de deux battants de bronze hauts d’une demi lieue, sur lesquels 10 000 gargouilles hideuses étaient sculptées. Toute la tribu se pressa contre les battants pour les faire pivoter et la porte s'ouvrit lentement sur le domaine du dieu Tubo…

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 17:30

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

228

L’arrivée massive de ce peuple en enfer ne passa pas inaperçue. Yanwang, le roi du premier cercle infernal, courut au devant de Char et lui dit :

- Holà, holà ! ... C'est que ce n'est pas prévu... Qui sont donc tous ces gens ? Sont-ce de nouveaux morts ? Une épidémie a-t-elle frappé les hommes et les bêtes ? Non ? … Alors laissez moi deviner : Il s’agit de raz-de-marée, d’incendies, de tremblements de terre ?

- Nous sommes encore bien vivants, répondit Char, et c’est pour le rester que nous fuyons la surface. Nous tentons d’échapper à la colère de l’empereur céleste qui a lancé ses funestes soldats à notre poursuite !

- L’empereur Shangdi vous traque ? s’étonna l’émissaire infernal. Mais qu’avez vous fait pour provoquer son courroux ?

Char raconta alors sa longue aventure au roi des morts. Il remonta à la guerre du dragon et de l’empereur, lui expliqua comment il avait lui-même découvert l’étoile de Tian et mis fin au combat, puis il commenta sa disgrâce au ciel, la malédiction de Shangdi et enfin la fuite de son peuple qui l’avait conduit à franchir le seuil de l’enfer.

 

229

Yanwang fut très surpris par ces révélations, car il n’avait même pas entendu parler de la guerre opposant Longwang à l’empereur. Vous vous en étonnerez peut-être, cher lecteur, mais sachez qu’à cette époque, les fonctionnaires infernaux vivaient repliés sur eux même. Tubo, le maître du monde d’en bas, était plutôt pantouflard et ne s’intéressait jamais aux affaires d’en haut. Bref, la rumeur des batailles célestes n’avait pas franchit les portes de l’enfer. Yanwang, fort étonné mais avide de nouvelles, demanda à Char de nombreuses précisions sur la durée de la guerre, sur les dégâts qu'elle avait occasionnés et sur les forces actuelles des belligérants. Et le tigre répondit du mieux qu'il le put à toutes ces questions. Quand il en eut fini, il demanda à son tour à Yanwang si une quelconque route  infernale permettait de quitter le Levant.

 

230

L'émissaire de Tubo commença par répondre qu'il ne pouvait pas laisser s’échapper tout un peuple. Parce qu’habituellement, quiconque franchissait les portes de l’enfer devait éternellement y demeurer. Telle était la règle et il ne semblait pas envisageable qu’on pût y déroger. Char proposa alors d’échanger son passage contre une unique représentation de son cirque. Il affirma que si le spectacle ne plaisait pas au roi des enfers, il resterait, lui et tout son peuple, prisonnier pour l'éternité dans la sombre géhenne. Yanwang accepta le marché, et laissa les saltimbanques préparer leur spectacle.

Ce ne fut pas sous un chapiteau, mais au sein d’une immense caverne que la tribu de Char donna sa représentation. Nombreux furent les démons, les fantômes et les squelettes du premier cercle de l'enfer qui vinrent y assister. Dans ces lieux terribles, le cirque de Char offrit sans doute le meilleur spectacle qu’il eût jamais donné, car il savait que sa liberté en dépendait. L'adresse des acrobates et des trapézistes fit s’enthousiasmer les démons ailés, les clowns et les comédiens firent rires les fantômes lugubres et la poésie des jongleurs et des danseurs fit briller les orbites évidées des squelettes.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 21:34

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

231

Yanwang, lui-même, applaudit le spectacle à s’en écorcher les mains. Et quand fut terminée la fantastique exhibition, il permit à la tribu de Char de traverser son domaine. Comme il était au demeurant fort serviable, et que le spectacle lui avait vraiment beaucoup plu, le roi infernal remit à Char un plan qui indiquait un chemin à travers les labyrinthes souterrains. Cette route ne permettait pas de quitter le Territoire, mais elle aboutissait aux limites extrêmes du Levant et bien qu'elle restât en grande partie inexplorée et que peu de morts ou de vivants ne l'eussent jamais empruntée, elle s’étirait, disait-on, jusqu’au grand archipel qui constellait la lointaine mer des songes.

Char remercia Yanwang et repartit au devant de son peuple. Le haut  fonctionnaire infernal quant à lui, ne fut pas trop peiné de laisser partir cette foule. Char lui avait donné de précieux renseignements qu'il comptait rapporter à Tubo lui-même. En outre, les cachots étaient pleins à craquer à cette époque de l'année. Les monstres et les démons avaient tout juste assez de temps pour torturer leurs pensionnaires (et encore, ils s’en acquittaient souvent fait à la va-vite), sans qu'il fallût encore s'occuper de tous ceux là.

 

232

Ainsi la tribu errante ne fut plus inquiétée par les occupants de la géhenne. A l’aide du  plan de Yanwang, Char traversa 7 des 10 enfers avant de regagner la surface. Durant ce voyage souterrain, il vit bien des merveilles et connut bien des aventures, mais il n'en est rien dit ici, car rapportée dans le détail cette longue épopée nécessiterait encore 1 000 nouveaux paragraphes, et les autres figures de l'Entre-Deux-Rêves seraient jalouses et reprocheraient justement au tigre d'avoir son histoire trop longuement contée. Sachez simplement qu’après de multiples tribulations, Char parvint à mener son peuple hors des enfers.

 

233

Conformément à ce que supputait Yanwang, le roi tigre atteignit le grand archipel perdu sur l’océan des songes.

L’empereur n’aurait sans doute pas poursuivit les tigres jusqu’à ces lointains îlots oniriques. Mais la tribu errante pouvait difficilement s’y établir. La terre de ce nouveau monde était hantée par des esprits inhospitaliers et ses cieux s’alourdissaient d’ombrageux ancêtres. Char ressentit l’hostilité des forêts, imprégnées de forces terrifiantes, il reconnut les fluides avides de possession qui couraient sur les lacs. Aussi décida-t-il d’obtenir des puissances de l’archipel qu’elles l’aidassent à poursuivre son périple par delà l’étendue immense de l’océan. Dans les cieux, il discerna la figure du Serpent Arc-en-ciel et l’invoqua. Le sage guide de l’Archipel entendit son appel et déroula devant lui une longue échelle de liane. Franchissant un à un les barreaux végétaux, Char monta jusqu’au firmament et s’entretint avec le dieu.

- La grande Ile n’est pas prête encore à accueillir ton peuple, lui dit le Serpent Arc-en-ciel. Sa création n’est pas achevée et elle se perd encore dans les brumes d’un songe changeant. Tu as compris cependant que l’océan qui entoure mon monde est un passage… Moi même je ne sais pas où il peut mener, mais je peux t’aider à  le franchir. Pour toi et les tiens je déploierai mon plus bel arc-en-ciel. Il partira de la grande Ile, enjambera la mer et s’inclinera de l’autre coté de l’horizon. Sur ce pont céleste tu pourras t’engager avec ta tribu…

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 22:31

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

234

Char redescendit sur terre. Il remercia le Serpent Arc-en-ciel et, accompagné par la longue procession de son peuple, s’avança sur le pont lumineux. Longtemps la tribu vagabonde marcha sur la voûte prodigieuse. Jamais un plus grand Arc-en-ciel ne devait déployer ses couleurs au royaume de l’Imaginaire, jamais un pont plus étendu ne fut visible sur la terre ou sur les eaux. Il touchait aux cieux les plus élevés, dominant la mer infinie. Le peuple tigre n’atteignit son sommet qu’au terme de six mois de marche. Puis il entama sa longue descente, par delà la ligne de l’horizon.

 

235

Pour subsister pendant le voyage, la tribu consommait des fruits magiques légués par le Serpent Arc-en-ciel. Mais quand vint le douzième mois de son périple, les provisions se raréfièrent. Un froid cruel transperçait la fourrure des tigres et Char craignait que ses plus fragiles sujets qui supportaient déjà de dures privations, y succombassent. Ses peurs s’accrurent encore quand il constata que l'arc-en-ciel ne menait pas à un nouveau Territoire, mais qu’il plongeait dans la mer immense. Le froid était cependant si rude que des îlots gelés avaient éclos sur l’océan des rêves. Char descendit de l'Arc-en-ciel et installa son peuple sur  un grand vaisseau de glace. Quand le dernier tigre eut rejoint le plancher gelé, le pont multicolore trembla et disparut soudainement. La magie qui le soutenait était épuisée, interdisant tout retour vers la grande Ile et vers le Levant. Char en vint à redouter la venue d'un été qui aurait fait fondre la glace sur laquelle son peuple reposait. Mais il n'en fut rien, et la tribu errante poursuivit son chemin de banquises en banquises, à travers le labyrinthe de la mer et des glaces.

 

236

Au cours de ce nouvel exode, les tigres durent se faire pêcheurs pour subsister. Ils devinrent de grands chasseurs de baleines et de phoques. Ils apprirent à connaître les pièges de l’océan, et domptèrent des troupeaux de morses. Parfois, sur de blanches forteresses portées par les flots,  ils contemplaient des armées silencieuses d’ours blancs qui s’en allaient vers des confins gelés.

Un jour, une terrible tempête fendit la banquise qui supportait le peuple vagabond et les vagues éloignèrent les deux fragments du vaisseau de glace. Comprenant que les eaux lui ravissaient une partie de son peuple, Char défia l’océan. Il tendit sa patte, sortit ses griffes et menaça les flots. En réponse à son défi, les vagues se dressèrent devant lui telles d’implacables murailles. Une puissante clameur monta des profondeurs en même temps qu’une aveuglante clarté, comme si mille éclairs déchiraient les lointains abysses. Déterminé à rencontrer l’entité qui se manifestait avec tant de puissance, Char s’écria :

- J’ai déjà triomphé des neiges éternelles de la montagne de l’aube pour accomplir mon cinquième exploit. Ce n’est pas cette eau froide qui va m’effrayer !

 Et sans plus tergiverser, il plongea sous la surface torturée de l’océan…

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 18:13

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

237

Tandis qu’il descendait vers les mystérieuses lueurs, les éclats de glace scintillaient autour de lui ainsi que des étoiles. Puis d’interminables processions de phoques tournoyèrent dans son sillage pour accompagner sa plongée. Enfin, il la vit, étendue sur le fond de l’océan. Nue, pétrifiante de beauté, ses interminables cheveux piqués de glace dansaient au gré des courants marins. A ses cotés, deux soleils retenus par des chaînes incandescentes, illuminaient les profondeurs glacées.

- Je suis Sedna, la déesse des glaces, lança-t-elle, pleine de majesté. Qui es-tu pour oser provoquer les flots ?

- Je me nomme Char, répondit le tigre. Mon peuple s’est égaré dans ton domaine et les vagues l’ont séparé en deux groupes appeurés. Ils attendent désespérés dans la tempête. Si tu le peux, apaise l’océan et réunit les familles divisées.

- Pourquoi t’obéirai-je ? rétorqua la déesse. Que m’as tu offert en échange des phoques et des baleines que les tiens ont abattu ? Ceux de ta tribu que les vagues ont ravi, ils sont miens à présent ! Ne te soucie point de leur sort. Leurs enfants auront des enfants qui peupleront mon territoire. Ils formeront une nation dans mon empire gelé. Quant aux autres, ceux que tu peux encore réclamer comme sujets, ils ne pourront survivre longtemps sans ma protection. Une autre terre les attend, un nouveau Territoire où ils pourront s’installer. Suis la baleine blanche que j’enverrai pour toi. Elle te conduira vers ce nouveau monde…

 

238

Char ne pouvait s’opposer à la volonté de la déesse. La mer avait prélevé son tribut et il n’y pouvait rien changer. Un courant chaud l’emporta jusqu’à la surface et il émergea devant son peuple qui l’attendait sur la banquise. La tempête s’était tue et les sombres nuages abandonnaient le ciel aux flèches du soleil. Sur l’horizon apaisé, le roi tigre vit jaillir un grand panache d’eau claire. Une baleine blanche émergeait des flots. Char se hissa sur le vaisseau de glace et commanda à ses sujets de suivre le cétacé. Le peuple tigre progressa de glaciers en glaciers. Il franchit des ponts fragiles tendus sur l’océan et parvint enfin au terme de son périple. La baleine blanche les avait mené jusqu’à un nouveau Territoire dont les contours se dessinaient à l’horizon. Il ne s’agissait pas des abords de quelques glaciers fuyants, mais des côtes solides d’une véritable terre. Quelle ne fut pas la joie des tigres lorsqu’ils touchèrent ce nouveau sol ! Leur errance dans la mer glacée avait duré toute une année et rajoutée à leur longue marche sur l’arc-en-ciel, le réconfort d’une terre ferme leur manquait depuis deux ans.

 

239

Sans qu’ils le soupçonnassent, ils avaient rejoint les confins septentrionaux du Territoire du Soleil. Ils s’avançaient intimidés dans ce nouvel univers, contemplant émerveillés les denses forêts qui peu à peu se libéraient de leur écrin neigeux. Le gibier ne manquait pas sur cette terre à l’incomparable beauté, mais la nature se montrait hostile aux nouveaux venus, comme si elle avait voulu les repousser. De terribles fléaux s’abattirent sur les tigres. Ils furent assaillit par des monstres redoutables, des têtes énormes et carnassières, des géants de pierre, des gnomes féroces et de mauvais esprits. Char combattit vaillamment les belliqueux autochtones, mais il ne parvenait qu’à les repousser momentanément. Redoutant sans cesse les attaques indigènes, la tribu ne pouvaient s’établir durablement sur aucun site et devait poursuivre son exode.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 22:40

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

240

Cette situation devait perdurer jusqu’à ce que Char rencontrât les puissances du Territoire. Un jour, le roi tigre s’éloigna des siens pour chasser un ours dans la forêt. Il le suivit silencieusement jusqu’à une rivière qui courait sur des pentes boisées. L’ours qui pensait avoir distancé son chasseur, s’approcha de l’onde pour se rafraîchir. Et voilà qu’il ôtait son épaisse fourrure pour prendre l’apparence d’une jeune fille à l’irréelle beauté !

Serait ce encore un secrétaire magique ? s’étonna Char. Intrigué, il s’avança hors des couverts pour élucider ce mystère. La fille l’aperçut et plongea sous les eaux pour lui échapper. Mais ses cheveux s’emmêlèrent dans les ramures qu’un arbre tendait au dessus des flots. La belle était prisonnière et déjà son cruel chasseur la rejoignait dans le rivière. Mais tout tigre qu’il fût, Char la trouva si belle, qu’il n’eut point le cœur à la manger. Il l’aida à démêler ses cheveux et la laissa partir dans l’onde claire. La fille lui dit alors :

- Toi et les tiens, suivez cette rivière, jusqu’au ciel s’il le faut ! Ne vous arrêtez pas avant d’avoir rencontré les six sorciers majeurs. Alors seulement vous connaîtrez la paix.

Puis la souple créature plongea sous les eaux et se laissa emporter par le courant rapide…

 

241

Char suivit le conseil de la demoiselle à la peau d’ours et chemina avec sa tribu le long du cours tortueux de la rivière.

Après trois jours, les tigres durent interrompre leur marche. La rivière déversait ses eaux dans une immense cataracte que seul un oiseau pouvait franchir. Char ne voulait pourtant pas reculer. La chute soulevait un épais brouillard, et à travers les nuages humides, le roi tigre discerna un chemin. Malgré les supplications de ses amis, il s’élança dans le vide et demeura miraculeusement suspendu. Ses pattes agiles se posaient sur un pont invisible et l’emmenaient à travers la brume jusqu’aux arcanes d’un ciel lumineux. Il franchit des portes d’azur et pénétra un domaine constellé d’astres scintillants. Au bout du firmament, une tente se dressait sous un puits d’étoiles. Elle paraissait tendue aux quatre coins du ciel et renfermait toute l’étendue de la nuit. Quand Char l’eut pénétrée son esprit manqua se noyer dans la mer de ténèbres. Mais  bientôt de faibles foyers brillèrent dans l’obscurité et le roi tigre distingua six figures immenses qui l’entouraient.

 

242

- Nous sommes les six manitous du Territoire ! s’écrièrent ensemble les êtres mystérieux. Torngarsak, Michabo Oshadagea, Wakonda, Nokomis, et l’Etoile du sud, tels sont nos noms. Jamais avant toi un non initié n’avait pénétré notre tipi. C’est un exceptionnel privilège que nous t’accordons. Pourtant, toi et les tiens êtes venus en étrangers sur notre terre. Vos pas lourds ont réveillé les esprits. Vous avez chassé sans demander l’autorisation des ancêtres ! Ton geste a cependant racheté les fautes de ton peuple. En libérant les cheveux de Soatsaki, l’étoile déchue, tu as révélé ta bonté. Fume avec nous le grand calumet de la paix ! Tu étais aveugle aux beautés de notre monde, la fumée ôtera le voile qui recouvre tes yeux !

Char saisit la longue pipe qui lui était tendue et aspira une dense fumée. Un courant frais parcourut tout son être et enrichit ses sens d’une nouvelle acuité. Il admira les six étoiles merveilleuses qui surmontaient chacun des manitous et les innombrables constellations qui  s’allumaient au ciel de leur tipi. Baissant les yeux il observa le Territoire. Il conversa avec les esprits du vent, épia les nains gardiens des joyaux la terre, courut avec les fées sur le lit des rivières, observa les créatures qui hantaient les rochers ou qui veillaient à la cime des arbres. Enfin l’inconcevable forme de l’Oiseau Tonnerre, du Grand Aigle du Territoire, passa lumineuse et fugitive devant ses yeux.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 11:38

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

243

Les six sorciers se rapprochèrent alors de lui. Ils avaient abandonné leur taille gigantesque et apparaissaient comme de doux vieillards. Ils rirent joyeusement avant d’entamer le récits de milles légendes extraordinaires. Et s’il me fallait retranscrire dans le détail tous leurs contes, mille nouveaux paragraphes n’y suffiraient pas ! Char découvrit les fabuleux secrets du Territoire. Il fut nourrir d’histoires de dieux bâtisseurs, d’étoiles exilés sur terre, de déesses éprises de mortels, d’animaux hideux cachant sous leur fourrure d’incomparables beautés, et de courses dans les plaines célestes. Il écouta des fables terrifiantes de cataclysmes, de déluges d’eau et de feu. Il fut initié à la danse du soleil, et aux mythes des créations nouvelles.

Emu, Char ne put retenir ses larmes en écoutant les merveilleux récits. Nokomis le remarqua et s’approcha de lui sous la forme d’une ravissante petite grand-mère.

- Pauvre tigre, lui dit-elle, ton cœur est encore lourd de peine et de mélancolie. La perte de ton épouse et de ton enfant ont creusé dans ton âme une blessure profonde. Que mes soins te permettre d’aimer à nouveau ! ajouta-t-elle en déposant un petit baiser sur sa joue.

 

244

Puis les manitous s’éloignèrent à nouveau et parlèrent d’une même voix :

- Va maintenant ! Traverse le Territoire de l’Aigle. Que ton peuple habite les forêts et les plaines ! Qu’au cours de son exode, il forme mille nations sur toute la longueur de notre monde !

A travers la fumée du calumet devenu gigantesque, Char se vit franchir les montagnes, les bois et les prairies. Bien qu’il demeurât dans le tipi des six manitous, il cheminait en compagnie de son peuple.

Tout au long de leur voyage, les tigres essaimaient. Séduits par le tracé d’un fleuve, le parfum d’une plaine ou le galbe d’une colline, ils interrompaient leur marche pour constituer le germe d’une future nation. Char accompagnait le reste de sa tribu jusqu’à de nouveaux horizons. Et toujours en chemin il percevait la voix des six sorciers :

- Les membres de ton peuple se multiplieront et se disperseront sur la terre, disait-elle. Au cours des siècles ils abandonneront leurs fourrures de tigres et s’habilleront de corps d’hommes, car telle est la forme définitive empruntée par nous autres les grands manitous, qui allons à présent les guider…

 

245

Char n’échappa à l’emprise des sorciers qu’au terme d’une nouvelle année d’errance. Quand il s’éveilla de son rêve, il avait accompli en sens inverse le trajet parcouru jadis par Quetzalcoatl aux 119ième et 120ième paragraphe. Il atteignit alors une nouvelle contrée, opprimée par un tyran sanguinaire qui n’était autre que… Tezcatlipoca ! Souvenez-vous, après avoir été initié par les six sorciers majeurs, le serpent à plumes avait chassé l’horrible Jaguar de la cité humaine. Mais au terme de sa fuite, Tezcatlipoca avait soumis une autre région du Territoire.

Or c’était bien sur cette terre bien peu favorisée par le destin, que Char avançait en compagnie de sa tribu. Constatant que la région était habitée par une dense population humaine répartie dans une grande ville et de multiples petits villages, le roi tigre demanda à ses sujets de l'attendre aux frontières du pays, tandis qu’il allait observer les manières des autochtones pour déterminer s'ils étaient ou non fréquentables.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 17:56

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents et pour voir les suivants.

246

Usant de son art du travestissement, Char camoufla son corps de tigre et prit l’apparence d’un humain pour visiter la capitale. En observant les agissements des citadins et en écoutant leur conversation, il comprit rapidement qu’ils vivaient dans une peur perpétuelle. Char recherchait vainement la cause de cette crainte jusqu’à ce qu’il assistât au sacrifice quotidien pratiqué en l’honneur du dieu Jaguar. Une grande foule s'était amassée autour d’un temple où devait être immolée une prêtresse du soleil. Char se fit expliquer le déroulement de cette cérémonie cruelle et aperçut la victime qui allait être livrée au couteau sacrificateur. C'était une belle jeune femme à la peau noire et aux yeux clairs. Deux solides jaguars la tiraient sans ménagement jusqu'à l’autel où devait s’accomplir son destin.

 

247

L’indignation qui souleva le cœur du roi tigre se colora bientôt d’un autre sentiment. Le charme de Nokomis opérait sur son cœur. Il ne pouvait supporter l'idée de voir mourir cette belle étrangère et déjà, il se consumait d’amour pour elle. Se frayant un chemin dans la foule, il gravit en trois bonds rapides les 100 marches du temple. En deux coups de sabre, il raccourcit les deux gardes qui molestaient la prêtresse et massacra une bonne dizaine d'autres félins qui tentèrent de l’arrêter. Puis, emportant la sombre beauté dans ses bras, il sauta par dessus la foule avant de s’extirper des faubourgs de la ville.

 

248

Char retourna parmi les siens en compagnie de sa protégée. Elle lui apprit comment un dieu mauvais nommé Tezcatlipoca avait envahi le pays et imposé ses odieux sacrifices. Char, qui dévorait des yeux la jeune femme, fut révolté par les agissements du Jaguar et décida de lui déclarer la guerre.

La prêtresse crut en la détermination du héros qui l’avait sauvée. Elle le présenta à tous ceux, et ils étaient fort nombreux, qui dans le pays s’insurgeaient contre la domination des jaguars. Char leur proposa de les aider à combattre Tezcatlipoca, si une fois la guerre terminée, il lui était permis à lui et à son peuple, de s'installer dans la région. Les principaux chefs de la résistance au Jaguar acceptèrent ce marché et Char rassembla leurs soldats sous sa propre bannière.

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 17:47

Cliquer ici pour voir les paragraphes précédents.

249

A la tête d’une armée d’hommes et de tigres déterminés, il partit combattre Tezcatlipoca dans sa propre cité. Les troupes du Jaguar étaient puissantes, mais les populations qu'elles avaient asservies, motivées par la colère et le ressentiement, les combattaient avec une indomptable ardeur. Quant au peuple de Char, endurci par maintes épreuves, il comptait dans ses rangs de redoutables guerriers. Les soldats jaguars et les hommes vautours de Tezcatlipoca ne tardèrent pas à être balayés. La cité du dieu sanguinaire fut envahie, et ses partisans, encore nombreux, durent se replier autour du temple de leur maître.

Tezcatlipoca sortit alors de son refuge. Il n'était pas encore intervenu, car il avait sous estimé l’ampleur de la révolte. Mais en considérant la déroute de ses armées, il se prépara à anéantir lui même les misérables qui le défiaient. Il surgit sous sa forme la plus terrible, celle du guerrier hybride, et à sa seule vue, les armées de Char reculèrent d'effroi, tant était grande la force qui émanait du dieu.

 

250

Char cependant ne s’enfuit pas devant le terrible Jaguar. Il le défia plutôt en combat singulier. Tezcatlipoca ricana de mépris en considérant le tigre minuscule. Il arracha l'une des colonnes qui soutenait son temple, et la projeta sur l’impudent félin. Mais Char, d'un coup de son sabre céleste, la trancha calmement en deux. Alors, constatant que ce fauve rayé était plus coriace qu'il ne l'avait cru, Tezcatlipoca tenta de l’empaler sur la pointe d’émeraude de sa lance. Mais Char évita le coup, et d'un revers de sabre, il fit choir l'arme des mains du Jaguar. Tezcatlipoca répliqua par un coup de massue qui fit tomber le sabre du tigre. Char bondit alors sur son adversaire et le désarma tout à fait pour l'affronter à la lutte. Les deux ennemis s’empoignèrent rudement, jusqu’à ce que Char comprît que le Jaguar était plus fort que lui, car bien qu’il fût initié aux arts martiaux et à la magie, le tigre ne pouvait rivaliser avec un dieu. Alors, pour éviter d'être broyé, il se dégagea de l'étreinte de Tezcatlipoca et lui envoya deux formidables coups de poing en pleine face avant de lui décocher un terrible direct qui l'envoya voler à plus de 100 pieds de là.

Tezcatlipoca s'encastra dans la façade de son temple. Ivre de rage, il s’en dégagea pour ramasser sa lance tandis que Char récupérait son sabre. Le combat allait reprendre, quand soudain, en regardant les yeux du tigre, le Jaguar éprouva une brusque terreur. Il crut reconnaître le regard de Quetzalcoatl et sentit son sang se figer dans ses veines. Le souvenir de sa défaite le paralysa. Craignant d’être anéanti, bien que Char fût un adversaire plus faible que lui, il s’enfuit misérablement et abandonna ses armées désemparées et vaincues.

 

251

Le roi tigre pouvait savourer sa victoire. Les populations libérées de la tyrannie du Jaguar l’accueillirent en libérateur et ainsi qu’elles l’avaient promis, partagèrent leur Territoire avec l’ultime fraction de sa tribu. Quant à la prêtresse noire qu’il avait sauvée, elle ne tarda pas à succomber à son charme félin. Char l’épousa et redécouvrit le bonheur entre ses bras. Elle lui donna une fille qui pouvait tantôt prendre la forme d'une panthère noire, et tantôt celle d'une femme à la beauté enchanteresse.

Ainsi Char trouva-t-il sa place au Soleil ! Mais tandis qu’il se reposait enfin de ses innombrables aventures en goûtant aux joies simples de son nouveau foyer, Tezcatlipoca ruminait sa colère. Il s’était enfui dans les régions désolées des montagnes rocheuses, et au sein des terres arides, il préparait sa revanche…

Ainsi se clôt le premier livre. Pourtant maintes questions demeurent sans réponses et de nombreux récits n’ont pas encore trouvé leur conclusion. Quel est donc le plan tordu élaboré par le cruel Jaguar ? Que va accomplir Tubo après avoir entendu les nouvelles rapportées par son serviteur Goulong ? Qu’est-il advenu du fils de Char et quelle force le poussera bientôt à voyager jusqu’à la lointaine Terre Noire ? Varuna retrouvera-t-il la belle aube du Couchant ? Qui donc causera la chute de la tour de Babel et comment Quetzalcoatl rencontrera-t-il sa belle ?

Cher lecteur, vous n’avez encore rien lu ! Si vous voulez connaître la destiné des Territoires du Merveilleux en ces temps légendaires du premier âge, il vous faut me livre jusqu’à l’orée du deuxième livre…

 

… Encore un mot ! Ayez donc une pensée émue pour le pauvre Yi, vainqueur de 9 soleils, l’héroïque archer du Levant, trahi par l’empereur, qui croupit dans son cachot depuis 225 paragraphes !

Par Lucrèce88 - Publié dans : Epoque 1 Livre 1 Chapitre 10
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mode d'emploi

Le Blog des Territoires du Merveilleux,  c’est tous les jours ou presque la publication de quelques-uns des 2000 paragraphes qui décrivent l’Entre-Deux-Rêves, ce pays de nulle part où fut rassemblé tout ce que l'esprit humain put concevoir de légendaire, d'onirique et de merveilleux.

Suis au jour le jour la publication des 2 000 paragraphes, découvre les nouvelles illustrations, commente, propose, injurie l’auteur ou félicite-le et contribue à la naissance d’un nouveau livre !

Mais à propos, c'est quoi les Territoires du Merveilleux (lire la suite ici) ?

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés